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contacts : Véronique Fournier Nicolas Foureur
Diaporama anti-EHPAD
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Le livre blanc du CNaV sur les Ehpad (résumé)
Plus de 700 adhérents du CNaV dans 13 différents sites sur l’ensemble du territoire national se sont mobilisés entre Octobre 2024 et Avril 2025 pour s’exprimer sur l’Ehpad d’aujourd’hui et ce qu’ils imaginent qu’il faudrait mettre à la place en cas de grande perte d’autonomie.Ils ont massivement dénoncé la façon dont la majorité des Ehpad actuels fonctionnent. Les mots qu’ils ont employés pour raconter leur ressenti de ces établissements sont glaçants : effroi, maltraitance, solitude, abandon, mouroir, infantilisation, fausse sécurité médicale, etc. Ils estiment que les résidents y sont trop
souvent considérés comme des objets de soins, des « encombrants » et qu’ils y sont « déshumanisés ». Ce ne sont pas les personnels qui y travaillent qu’ils incriminent, mais la logique qui a prévalu à leur organisation. En réponse, ils plébiscitent un modèle radicalement inverse, que nous proposons d’appeler « L’anti-Ehpad du CNaV ».
Les participants à cette réflexion ont eu beaucoup de mal à s’imaginer eux-mêmes pouvoir devenir un jour grandement dépendants. ertains affirment même qu’ils ne se laisseront pas faire et s’arrangeront alors pour obtenir une mort anticipée. Force leur a été cependant à tous nécessaire d’admettre, statistiques démographiques et épidémiologiques à l’appui, que malgré le soin qu’ils mettent à respecter tous les conseils dont on les martèle tous les jours pour vieillir au mieux, un certain nombre d’entre eux seront atteints par la grande dépendance.
Certes, mais alors, qu’ont-ils en tête ? Qu’est-ce que ce projet « anti-Ehpad » qu’ils imaginent ?
Et d’abord, que signifie pour eux un lieu anti-Ehpad : un lieu qui rompe avec les éléments structurants de l’Ehpad d’aujourd’hui, notamment les suivants :
- Avoir une organisation calquée sur celle des hôpitaux, si bien qu’ils sont vécus comme des lieux de soins plutôt que comme des lieux de vie ;
- Être à ce titre des lieux où la logique collective s’impose aux individus ;
- Pour un certain nombre d’entre eux, avoir été pensés, conçus et portés financièrement par des acteurs du secteur privé lucratif, notamment en matière immobilière, ce qui a été la source des dérives insensées, révélées il y a quelques années par Vincent Castanet (Les Fossoyeurs), dérives dont on ne sait pas très bien si le nécessaire a été fait pour qu’elles aient totalement et définitivement disparu.
Les grandes caractéristiques de l’anti-Ehpad du CNaV seront les suivantes :
(1) Être conçu comme un lieu de vie et non comme un lieu de soins, c’est-à-dire un lieu où l’individu l’emporte sur le collectif, un lieu où l’on puisse se sentir « chez soi », respecté dans son intimité et pouvant vivre à son rythme, selon ses habitudes, de la façon dont on a toujours vécu et dont on continue d’avoir envie de vivre au quotidien.
(2) On ne demande pas à être trop soigné : avoir accès à tous les soins médicaux nécessaires : oui, comme tout citoyen, y compris aux soins qui permettent de maintenir au maximum ses capacités résiduelles, mais pas d’excès et de surprotection médicale ;
(3) On ne souhaite pas non plus être trop surveillé, ni trop protégé ; on dénonce la politique du zéro risque systématique des Ehpad actuels ; elle restreint l’accès à beaucoup des plaisirs quotidiens quel’on voudrait pouvoir poursuivre ; on revendique un plus grand respect de son autodétermination en la matière ;
(4) On souhaite trouver dans ces lieux plus de présence humaine disponible pour soi que ce que peut fournir aujourd’hui un Ehpad classique : une véritable aide à la personne, plusieurs heures par jour, qui aide à compenser la perte d’autonomie et à rester le plus possible dans le flux de la vie et en lien social ;
(5) On souhaite pouvoir bénéficier d’une sécurité nocturne, c’est-à-dire d’un accès à quelqu’un d’empathique et de compétent la nuit, en cas de problème, ou d‘angoisse ;
(6) Enfin, on veut pouvoir rester dans ces nouveaux lieux jusqu’au bout du chemin, en y ayant accès à un accompagnement à mourir dans le respect de ce que l’on souhaite soi-même pour cela ;
(7) On s’exprime largement en faveur d’un service public de prise en charge de la grande dépendance, sur le modèle de ce qui se fait pour la maladie.
En somme, on voudrait pouvoir troquer les établissements médico-sociaux que sont les Ehpad d’aujourd’hui contre des petites unités de vie, insérées au cœur des centres-bourgs et des centres-villes.
Dans l’idéal, on y aura chacun son espace, mais à proximité d’autres ayant les mêmes besoins que nous, ce qui permettra de mutualiser l’ensemble des services nécessaires à l’accompagnement de la perte d’autonomie. Ces logements seront sobres et fonctionnels de façon à réduire le coût de l’habitat. Le personnel en charge sera de type auxiliaire de vie, c’est-à-dire bien moins coûteux que le personnel soignant et bien plus pertinent pour assumer la mission d’aide dont il s’agit. Pour autant, l’idée est que la présence humaine au chevet de chacun soit nettement plus importante qu’actuellement et que ces
personnels soient revalorisés statutairement et financièrement comparativement à aujourd’hui.
Si l’on tient compte par ailleurs de l’évolution démographique annoncée, il y a fort à parier que le modèle ci-dessus exposé nécessite pour devenir concret des financements complémentaires à ceux aujourd’hui disponibles pour financer l’allocation personnalisée d’autonomie (APA). Sur ce point, le CNaV n’a fait jusqu’à présent qu’entamer la réflexion, sans trouver de consensus aussi facilement que sur les points précédents. Une piste possible pourrait être la création d’une assurance dépendance collective, que serait obligée de contracter toute personne au-delà d’un certain âge (et d’un certain niveau de revenus) de façon à ce que les coûts de prise en charge de la dépendance soient mutualisés entre tous les vieux, en faveur de ceux parmi eux qui auront la malchance de devenir grandement dépendants.
Mais qui accepterait de gaîté de cœur et sans récriminer un peu, une nouvelle ponction de ses revenus, même si tous s’entendent pour penser qu’il faut trouver une façon d’être solidaires entre vieux et résolument tourner le dos à un financement par le système privé lucratif ?
En tout cas, le sujet est sur la table … et toutes les options discutables.
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